« Champagne Sailing » sur le plan d’eau hyérois

De 5 à 10 nœuds de vent, un soleil éclatant et des voiles à perte de vue dans un décor de carte postale, entre la presqu’île de Giens et les îles d’Or : la 57e Semaine Olympique de Hyères est lancée de la plus belle des manières. Ce lundi, 44 courses ont été âprement disputées sur chacune des 7 zones de régate. Un début de semaine tout en finesse, où tactique, vitesse et précision ont fait la différence pour rester aux avant-postes. « Un jeu d’échecs permanent », résumaient plusieurs athlètes de retour à terre. Cette semaine s’annonce dense et intense !

Windfoil (iQFOiL)
Au coude à coude
Il a fallu attendre que le vent rentre un peu plus fort pour faire courir les 109 Windfoil qui ont pu, vers 16h, entamer les compétitions de slalom. Conditions de rêve au soleil descendant… Les 42 navigatrices ont survolé 4 courses avec une intensité folle : les 10 premières du classement provisoire sont montées au moins une fois sur le podium aujourd’hui ! En tête l’Estonienne Emma Viktoria Millend devance de peu l’Israélienne Shahar Tibi et l’Italienne Marta Maggetti. Chez les hommes (67 concurrents), 3 courses serrées ne dessinent pour le moment aucune hiérarchie : le Chinois Kun Bi devance l’Italien Frederico Alan Pilloni, et Louis Pignolet (3e au général l’an dernier) monte sur le podium provisoire. Il va y avoir du sport !

Formula Kite (kitefoil)
Lauriane Nolot en grande forme, l’Italien Riccardo Pianosi rafle la mise4 courses chez les femmes (22 inscrites) et les hommes (44 inscrits) en kitefoil se sont déroulées dans la rade des Salins au nord du plan d’eau hyérois. 4 courses menées de main de maître par la Française Lauriane Nolot (2 victoires) et l’Italien Riccardo Pianosi (3 victoires). La Toulonnaise surfe à merveille sur son succès début avril au Trofeo S.A.R Princesa Sofia et poursuit sa domination sur ses concurrentes Israélienne, Chinoise et Britannique. Chez les hommes, gare au Suisse Gian Stragiotti et au Singapourien Maximilian Maeder vainqueur à Palma ! « J'ai fait ce que j'avais à faire et tout reste ouvert pour les prochains jours, car tout le monde est au coude à coude ; ça s'annonce passionnant pour la suite. » confiait Maximilian de retour à terre. Intensité maximale dans cette catégorie Formula Kite !

Catamaran Double Mixte (Nacra 17)
Avanti Tita/Banti !
Ruggero Tita et Caterina Banti, doubles champions olympiques en 2020 et 2024 font leur grand retour sur la SOF cette année après une pause de plusieurs mois après les Jeux de Paris 2024. Un retour gagnant puisqu’ils réalisent une superbe journée : 2-2-1 devant les Britanniques John Gimson et Anna Burnet (1-6-2) sur le podium à Palma. « Aujourd'hui, c'était assez compliqué. On a attendu un peu, le vent a diminué mais au final on a fait 3 bonnes courses, avec de l'air moyen à léger. C'est le premier jour, c'est parti et c’est bien parti ! Je n'ai pas été dans cette flotte depuis longtemps même si nous avons gagné déjà pas mal de régates mais c’était il y a longtemps. Aujourd’hui, c’est un redémarrage. Je redécouvre le niveau de jeu de la flotte des Nacra 17. On est en observation et on fait du mieux que l’on peut. » a humblement confié Ruggero Tita.

Dériveur solitaire (ILCA)
Collés-serrésDeux courses disputées au sud du plan d’eau du côté de la presqu’île de Giens pour les ILCA 6 et 7, la catégorie la plus dense de la SOF avec 136 concurrents chez les hommes et 86 chez les femmes. Le niveau est dingue, chaque place vaut de l’or, les placements sont millimétrés, les manœuvres réalisées avec doigté. Un ballet de haute voltige ! L’Irlandaise Eve MCMahon réalise un beau doublé : deux courses, deux victoires… La Française Louise Cervera, championne du monde 2025, se classe 6e ce lundi soir (9-2). Chez les hommes, Michael Beckett, en tête du classement ILCA 7, a parfaitement navigué. Il aime par-dessus tout le plan d’eau hyérois et s’est confié en rentrant à terre : « J’ai participé à cette régate 10 fois, c’était ma toute première régate senior, quand j’avais 18 ans, j’ai pris une semaine de congé, j’ai pris l’avion pour venir ici, j’ai dormi sur la plage sans argent, j’ai terminé dans les 10 derniers, presque dernier. Maintenant j’ai 31 ans, avec beaucoup plus d’expérience, j’ai terminé premier, deuxième et troisième ici ces cinq dernières années. J'aime vraiment Hyères, on y navigue toujours bien, c'est toujours un défi, c'est un endroit sympa ». Il devance de peu le Hongrois Jonatan Vadnai et le Britannnique Elliott Hanson.

Dériveur double mixte (470)
Chauds les départs à 47 bateaux !Il fallait d’emblée ne pas se rater. Se positionner au mieux sur la ligne, sans se laisser enfumer, garder du vent frais, bref tactiquer comme jamais pour sortir son épingle du jeu sur les 3 courses envoyées ce lundi. La Française Lucie de Gennes l’explique parfaitement : « Ce fut une journée difficile avec près de 50 bateaux sur la ligne de départ, du petit temps avec du clapot. Le départ est important, il ne faut pas partir au milieu, il y a trop de densité. Il faut trouver la bonne trajectoire extérieure. Pas évident ! ». L’équipage cannois termine 12e cette première journée, de quoi s’offrir une belle marge de progression. Plus inspirés, les Italiens Elena Berta et Giulio Calabro s’offrent la première place au provisoire devant les Britanniques Martin Wrigley et Bettine Harris.

Dériveur double (49er)
Grosses bagarres
Chez les femmes en FX, les Italiennes Giunchiglia/Schio signent un joli démarrage devant les Chinoises Wang/Su et les Estoniennes Pais/Ausman. La densité de la flotte laisse augurer un classement très serré. Du côté des 45 équipages masculins, la moindre erreur s’est payée cash. Ian MacDiarmid, entraîneur de l’équipage américain Mollerus/Bornarth en tête du classement provisoire ce lundi soir, voit juste : « Hyères, c’est le site qui exige tout simplement plus de toi. Hyères te pousse vraiment dans tes retranchements. Il faut naviguer à fond et on peut se brûler assez facilement. C'est juste un endroit difficile. Ça exige beaucoup de la façon dont tu manœuvres. C'est comme jouer aux échecs tout en naviguant ». A ce jeu d’échecs le trio de tête se tient en un mouchoir de poche, talonné par l’équipage de jeunes français Keo Devaux et Youenn Bertin, quatrièmes et bien décidés à engranger de l’expérience : « La SOF est importante, c’est notre première régate ensemble avec Youenn, l’idée est de prendre nos repères, d’engranger de l’expérience. La SOF, c’est une régate prestigieuse, on en rêve depuis tout petits ! On adore le plan d’eau à Hyères. C’est très exigeant en conduite, il y a toujours de la stratégie, un vent irrégulier. Ce n’est jamais facile ».